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États-Unis : les candidats à la présidentielle investissent le Web


Austin, Texas - C’est par une vidéo en ligne qu’Hillary Clinton et Barack Obama ont annoncé leur candidature pour les élections présidentielles de 2008. Et tous sont, en plus de leur blog, sur un site de networking comme MySpace, Facebook ou Flickr. Parfois les trois.


Barack Obama sur le site de social networking MySpace.

Barack Obama sur le site de social networking MySpace.





Les États-Unis, bien qu’à 20 mois des prochaines présidentielles, sont déjà en pleine e-campagne. Les candidats utilisent de façon sans précédente ces nouveaux outils du Web qui leur permettent de toucher un public plus directement, mais aussi d’organiser leurs membres et de collecter des fonds.



Le recours au Web par les hommes politiques n’est pas totalement nouveau. Howard Dean fut le premier candidat à véritablement utiliser Internet au cours de sa campagne pour les Primaires en 2004. Surnommé le “netroot candidate”, il a pleinement réalisé le potentiel des emails pour convaincre et être au contact direct de son électorat. Le candidat démocrate a également collecté un montant record de fonds pour sa campagne. Un record battu depuis.



Selon le journaliste de la chaîne PBS Mark Glaser, les hommes politiques se tournent vers Internet pour annoncer et promouvoir leur candidature, car la télévision, toujours incontournable, coûte cher. Plusieurs centaines de milliers de dollars par spot publicitaire.



Hillary Clinton sur le site de social networking Facebook.

Hillary Clinton sur le site de social networking Facebook, principalement utilisé par les étudiants.



Selon Mark Soohoo, chargé de la campagne sur Internet du candidat républicain John McCain, l’utilisation d’Internet par les hommes politiques aujourd’hui n’a rien à voir avec 2004. Ils ont compris l’effet “buzz” du Net, un marketing viral qui se développe là où l’information se discute sur Internet : les blogs et les sites de networking.



“Leur ubiquité est fascinante”, reconnaît Peter Dao dans le Washington Post. Il était chargé de la campagne sur Internet du candidat malheureux John Kerry. Lors d’un panel intitulé “Comment l’Internet peut-il vous faire devenir président ?” mardi dernier à dans le cadre du festival South by Southwest à Austin, Texas, des conseillers en communication sur Internet des camps démocrate et républicain ont insisté sur l’importance du réseau social, une pratique qui remonte aux fondamentaux de la politique.



“Avoir un candidat comme ami virtuel sur Myspace ou Facebook, c’est comme si j’exposais le nom de mon candidat favori sur une pancarte, dans mon jardin”, précise Marc Strama, représentant de l’État du Texas. Les candidats l’ont bien compris : le démocrate Barack Obama ne comptabilise pas moins de 62 000 “amis” sur le site Myspace, quand sa rivale Hillary Clinton en a trois fois moins et Rudolph Giuliani un peu plus d’un millier.



Cela est-il déterminant dans l’obtention réelle de votes? Le professeur de Sciences Politiques Richard Davis soutient que les candidats veulent montrer qu’ils sont à la page dans le domaine des nouvelles technologies afin d’attirer l’attention des médias et des activistes en ligne qui font circuler l’information et génèrent le fameux “buzz”.



Plus le site Internet d’un candidat reçoit de visites, plus il y a de chances que ses contributions augmentent. “Les dollars et les votes sont les seules choses qui les intéressent”, selon Clay Johnson, analyste pour la campagne en ligne du candidat démocrate Barack Obama.



Pour l’instant, l’objectif est de se battre pour obtenir le plus d’attention sur son site, notamment en innovant: “Les gens sur Internet vont tenter de nouvelles choses et repousser les limites”, déclarait Mathew Gross, le directeur stratégique de campagne sur Internet pour John Edwards dans le journal Washington Post du 22 janvier dernier. Reste à savoir si ces nouvelles pratiques sur le Web vont réussir à réconcilier les Américains avec la politique. Le taux d’abstention avait atteint 40% aux dernières présidentielles.





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