La nouvelle ère du logiciel
25 octobre 2007 - Article publié sur VNUnet.fr
Les applications en ligne remplaceront à terme les logiciels installés sur ordinateurs. C’est ce qu’a prédit l’entreprise Adobe, lors du Web 2.0 Summit la semaine dernière. « L’avenir de la distribution des logiciels suivra le modèle du Software as a service [les logiciels sont hébergés sur un serveur et non plus installés sur disque dur, NDLR], la question est de savoir combien de temps cela va prendre », a déclaré le président exécutif de l’entreprise, Bruce Chizen.
Google est l’entreprise phare de cette transition des applications hébergées sur le net, avec Google Apps. Cette évolution se présente comme une véritable alternative au modèle traditionnel d’achat de logiciels en tant que produits, comme le propose par exemple Microsoft.
Les services suivant proposés par Google suivent tous le modèle des applications hébergées en ligne : Gmail, Google Agenda, Google Page Creator et Google Documents, ce dernier incluant un traitement de texte, une base de gestion de données de type Excel et de création de présentation de type PowerPoint.
Gain de temps et d’argent
« L’approche traditionnelle selon laquelle tout doit être stocké sur disque dur est onéreuse à la fois en terme d’argent et de temps », explique Google sur son site dans sa présentation de Google Apps.
Selon le modèle traditionnel, il faut du matériel informatique pour sauvegarder et sécuriser ses mails, des serveurs pour filtrer les spams et stocker les fichiers, mais aussi acheter et mettre à jour les logiciels. Selon l’approche des applications en ligne, il suffit d’avoir un ordinateur connecté à Internet et un navigateur web standard.
Google n’est donc pas le seul dans la course. Salesforce.com, appstream.com, zoho.com et maintenant Adobe sont autant d’entreprises offrant désormais ce type de service, certains requièrent le paiement d’un abonnement annuel.
Adobe avait annoncé il y a déjà quelques mois qu’il projetait de mettre en ligne son produit phare : Photoshop. Un tel revirement s’explique par l’intention de la part d’Adobe de cibler une audience réticente à l’idée de payer plus de 1000 euros pour la version complète d’Adobe Photoshop CS3 ou près de 300 euros pour une mise à jour. L’entreprise essaie aussi de trouver une solution au piratage et à la copie illégale.
Version « light » de Photoshop
Adobe propose donc une version « light » de Photoshop sur le web appelée Photoshop Express, ainsi que l’équivalent du logiciel de montage Premiere, sous l’appellation Premiere Express, qui fonctionne en partenariat avec YouTube. En plus de ses produits traditionnels, Adobe se lance également dans le traitement de texte en ligne avec le rachat de Buzzword au début du mois d’octobre.
Afin de rendre ces logiciels gratuits, Adobe prévoit de mettre en place de la publicité, apparaissant directement sur le logiciel utilisé. Bruce Chizen évoque aussi une possibilité de passer par un abonnement. La transition ne se fera pas de façon radicale, car certains professionnels seront toujours prêts à payer le logiciel au prix fort afin d’éviter la publicité. Adobe prévoit donc que les deux modèles - nouveau et traditionnel - subsisteront côte à côte.
La migration des applications installées sur disque dur vers leur hébergement sur l’Internet ne devrait cependant pas avoir lieu avant une décennie, en ce qui concerne Adobe. Bruce Chizen a précisé que la répartition inégale du haut-débit, en particulier aux Etats-Unis, limitait le travail pouvant être réalisé en ligne.