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Elections américaines : Pour Karen Travers, la capacité d'Obama à durer améliore son image et déstabilise la campagne d'Hillary


Quel est l'importance du "Super Tuesday" ?
Karen Travers : Au niveau des élections, Super Tuesday est le jour le plus important pour le nombre d'Etats et d'électeurs. Il y a 22 courses démocratiques et 21 courses républicaines. C'est l'étape la plus importante pour les candidats en lice avant la convention, en particulier du côté républicain. Si John McCain obtient les résultats qu'il esp ère mardi prochain, cela pourrait lui assurer un ticket pour les nominations début septembre. Côté démocrate, le suspense peut encore durer au moins pendant deux semaines étant donné le faible écart entre Hillary Clinton et Barack Obama.


Le "Super Tuesday" est-il décisif à cette présidentielle ?
Karen Travers : Apr ès le Super Tuesday, la prochaine étape est le 9 février. C'est tr ès rapide, puisque c'est le samedi qui suit. Il va y avoir une primaire en Louisiane, la plus importante de la journée, ainsi que des caucus dans le Nebraska, l'état de Washington et les îles Vierges américaines. Comme c'est juste apr ès le Super Tuesday, les candidats feront campagne dans ces différents états. Ensuite, d'autres votes auront lieu le 10, le 12, le 19 et ça continue jusqu' à ce qu'un candidat atteigne ce nombre magique de délégués. Certains démocrates avec qui j'ai parlé à Washington consid èrent que la course (aux délégués) pourrait s'étendre jusqu'au mois de mars, tellement l'écart est faible entre les deux candidats.


Hillary Clinton sur le site de social networking Facebook.

Karen Travers, directrice du service politique de la chaine télévisée américaine ABC News.



Le fait que rien ne soit encore joué dans le camp démocrate profite-il à Barack Obama ?
Karen Travers : C'est intéressant. Certains stratégistes démocrates estiment que la capacité d'Obama à rester dans la course accro ît sa crédibilité comme prétendant à l'investiture. Cela tend aussi à contredire l'idée selon laquelle la campagne d'Hillary est inévitable et impossible à endiguer, comme certains le pensaient il y a encore deux mois. Les électeurs d'un Etat ne votant pas avant le mois de mars ne sont exposés à aucun message de campagne, aucun candidat n'est venu visiter leur Etat, et les électeurs ne sont pas mobilisés. Tout le monde sait qui est Hillary, et si Obama est toujours dans la course à ce moment-l à, les gens voudront en apprendre davantage sur lui. Sa capacité à durer lui permet d'améliorer son image de candidat et surtout de faire en sorte que la vague Hillary ne soit pas inéluctable.


Quelle est l'importance du vote latino lors du "Super Tuesday" ?
Karen Travers : La communauté Latino est un groupe d'électeurs qui augmente. C'est probablement le groupe qui s'accro ît le plus rapidement aux Etats-Unis. Vu le nombre important d'Hispaniques en Californie, cet Etat est décisif pour les démocrates et c'est un jackpot en termes de délégués où 370 sont en jeu. Pour l'instant, Hillary Clinton part favorite, vu sa popularité aupr ès des Latinos. On a pu le constater dans le Nevada, où le ralliement des Hispaniques a déterminé sa victoire.


Depuis son retrait, John Edwards n'a appuyé aucune candidature. Que peut-on attendre de ses partisans ?
Karen Travers : C'est intéressant à observer. Il n'a appuyé ni la candidature d'Obama ni celle d'Hillary. Bien s ûr, tous les deux cherchent à obtenir son soutien. Il semblerait tout de m ême que les électeurs d'Edwards se tourne naturellement vers Obama, d'un point de vue de programme politique. Edwards a aussi souvent fait l'éloge de son rival démocrate depuis le début de la campagne.


Mais Edwards est un sudiste (il a largement fait campagne dans les Etats du sud) et son abandon de la course avant le Super Tuesday fait de certains états comme le Tennessee, la Géorgie, l'Alabama ou l'Arkansas un enjeu important pour les candidats démocrates toujours en lice. Hillary Clinton pourrait elle aussi profiter de cet abandon dans ces états et en particulier dans l'Arkansas où son mari a été gouverneur. Tout le monde attend aussi de voir si Edwards va annoncer son soutien à quelqu'un, ce qui devrait influencer bon nombre de ses partisans.


On entend parler d'un accord non-officiel entre McCain et Mitt Romney, est-ce le cas ?
Karen Travers : Les candidats n'avoueront jamais aucun accord, mais on peut observer la dynamique du débat côté républicain. Vendredi 1er février, Mike Huckabee s'est montré extr êmement ferme face à Mitt Romney, et c'est moins d û à un accord tacite qu'au type d'audience visée par ces deux candidats. Huckabee et Romney s'adressent aux m êmes électeurs essentiellement conservateurs et religieux, des électeurs qui ne voteraient pas pour McCain, considéré comme trop modéré. Cette division au sein du camp républicain pour ce groupe d'électeurs profite à McCain qui peut émerger dans les votes.


En quoi l'abandon de Rudy Giuliani change la donne dans le camp républicain ?
Karen Travers : Le fait que Rudy Giuliani se retire de la course à la présidence et apporte son soutien à John McCain a créé une opportunité tr ès intéressante pour ce dernier. Cela va considérablement faciliter la tâche de McCain dans des états comme le New Jersey, New York ou le Connecticut. De leur côté, Mike Huckabee and Mitt Romney ne vont pas faire campagne dans cette partie au nord-est des Etats-Unis, d'une part parce en raison du soutien de giuliani envers McCain et d'autre part les électeurs républicains y sont plus modérés et donc moins en phase avec leur électorat de base.












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