Google vous aide à réduire votre facture d'électricité
11 février 2008
Article publié sur VNUnet.fr
C'est en plein débat sur un plan de relance du secteur des énergies renouvelables aux Etats-Unis que Google annonce son initiative "smart grid" (réseau intelligent) qui vise à optimiser la consommation d'énergie de tout un chacun. Si l'énergie en tant que telle n'est pas particulièrement le terrain de prédilection de Google, les réseaux, ça le connaît. Et c'est précisément la gestion des capteurs reliés aux réseaux électriques que vise l'entreprise de Mountain View. Un joli projet encore sur le papier.
"Smart grid" est une expression à la mode dans la Silicon Valley ces jours-ci, et Google n'est pas le seul à s'aventurer sur le terrain de la conservation d'énergie. L'entreprise est en train de mettre sur pied un site permettant à quiconque de consulter sa consommation d'énergie. "Des études prouvent que lorsqu'on connaît sa consommation d'énergie, on essaie de la réduire de 5 à 15%. Une telle initiative à grande échelle est encourgeante : six foyers réduisant leur consommation électrique de 10% correspondent à la consommation en CO2 d'une voiture", peut-on lire dans la présentation du service, appelé PowerMeter et soutenu par l'entité philantropique Google.org.
L'objectif de ce service - qui n'est accessible qu'en beta privée - est non seulement de réduire sa facture d'énergie, mais de mieux répartir sa consommation entre les sources traditionnelles et renouvelables, en fonction des pics et des "temps morts". Google installerait pour cela des capteurs un peu partout chez vous, afin de rendre compte de sa consommation et de l'évolution de celle-ci, voire de permettre aux producteurs d'énergie (disposant par exemple de panneaux solaires), de revendre automatiquement cet excédent.
3000 dollars d'économies en un an
Testé par quelques employés de Google l'année dernière, l'un d'entre eux aurait économisé 3000 dollars sur un an. Le service PowerMeter l'aurait en effet aidé à détecter des appareils électro-ménagers inefficients et à changer ses ampoules à incandescence. "C'est difficile de budgétiser ses dépenses dans un magasin si aucun prix n'est indiqué nulle part. C'est la situation dans laquelle on se trouve avec l'électricité aujourd'hui", a commenté une autre testeuse de chez Google.
Mais il y a un couac. Accéder à ce genre aux données relatives à la consommation d'énergie des gens n'est pas un jeu d'enfant. Seuls le gouvernement et les services de gaz et d'électricité sont légalement en mesure de le faire. Et de fait, Google n'a encore conclu aucun accord avec des entreprises pour mettre en oeuvre son ambitieux projet.
"Nous ne pouvons pas construire ce produit par nous-mêmes", s'est défendue l'ingénieur de programmes chez Google.org Kirsten Olsen Cahill, "nous dépendons de tout un écosystème d'institutions, de fabricants et de décisions politiques qui permettraient aux gens d'avoir un accès détaillé à leur consommation d'énergie et faire en sorte de l'améliorer."
Un annoncement un peu prématuré donc, mais qui s'explique par l'imminence du vote au parlement d'une loi allouant 4,4 milliards de dollars aux "technologies intelligentes". Sur cette somme, 4 millions de dollars sont destinés à ces capteurs de consommation, que Google met en avant dans son service PowerMeter.