lundi, février 08, 2010

Apprendre le français quand on est latino? Facile!

Les élèves s’avancent, par groupe de deux, et se présentent mutuellement au reste de la classe : “Elle s’appelle Caitlin, elle a 20 ans et vit à Long Beach.” La parole est hésitante, les mots ne viennent pas spontanément et sont entrecoupés de rires gênés. Nous sommes dans l’un des cours de français de l’université publique de Long Beach, au sud de Los Angeles. Une classe un peu particulière qui s’adresse à des étudiants américains hispanophones.

L’idée est d’utiliser l’espagnol comme passerelle pour apprendre le français, deux langues voisines par leur origine romane. Un concept pour l’instant unique aux Etats-Unis puisque la classe n’est proposée nulle part ailleurs. Et pourtant, la méthode de l’intercompréhension en langues romanes n’est pas nouvelle. Qui n’a pas déjà fait le constat que l’espagnol, le portugais, l’italien, le français ou encore le roumain ont beaucoup de choses en commun?



“Pour moi, le but de mon cours est le même qu'un cours pour anglophones mais mes étudiants ont cette base en espagnol que j'utilise en cours comme tremplin”, explique Nicolas Bordage, le professeur de français. Ce Franco-Argentin de 40 ans a quitté la banlieue parisienne pour Los Angeles il y a sept ans. Il y enseigne l’espagnol et le français, mais s’est rapidement rendu compte que son public n’était pas simplement anglophone.

Claudia, élève du cours de français pour hispanophones


“J’ai réalisé qu’il était plus facile pour les étudiants avec une base hispanophone de faire des parallèles avec le français. C'est plus naturel pour quelqu'un qui a des bases en espagnol de comprendre des points de grammaire ou de vocabulaire en français”, remarque-t-il.

Mais parler espagnol n’est pas le seul critère d’admission. Parler anglais est aussi un impératif. “Le but n’est pas d’apprendre le français à des gens qui parlent espagnol sinon ça serait comme enseigner un cours au Mexique ou en Espagne”, explique Nicolas Bordage, pour qui la langue anglaise est aussi un outil pour apprendre le français. “Par exemple, un point de grammaire : J'aime le chocolat, en anglais c'est I like chocolate alors qu'en espagnol on dit Me gusta el chocolate. En français et en anglais, on utilise le verbe aimer, alors qu'en espagnol c'est une structure complètement différente”.



Mais si certaines structures en français et en espagnol se ressemblent, comme les verbes réflexifs, ou l’emploi de l’imparfait, certains mots français et anglais sont très proches. Ainsi le mot carotte se dit carrot en anglais et zanahoria en espagnol.

Ryan, élève du cours de français pour hispanophones




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jeudi, février 04, 2010

SOS carnivores en détresse


Terra Economica consacre ce mois-ci son numéro à l'impact environemental de la consommation de viande. Chaque français consomme près de 90 kg de viande chaque année, multiplié par 65 millions, ça fait beaucoup de steacks.

J'ai interviewé Patty Knuston qui est coach végétalienne au Nevada. Son job : inciter les gens à passer à un régime sans viande, mais aussi sans aucun produit dérivé des animaux (lait, oeufs, fromage...).

Voir l'article sur Terra Economica.

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lundi, janvier 25, 2010

Les bobo-écolos de Silverlake

J'ai rendu visite aux Knutzen la semaine dernière car ils expérimentent les potagers en ville. Ils habitent en plein coeur de Los Angeles (à Silverlake) et ne font pousser, par principe, "que des choses qui se mangent". Leur jardin n'est pas grand, mais ils rentabilisent l'espace. Arbres fruitiers, tomates, toutes sortes de légumes verts, avocatier, herbes aromatiques se partagent l'espace avec quatre poules et, dernièrement, une ruche.

Ils ont la trentaine bien tassée, sont végétariens et évitent d'aller au supermarché, "sauf pour quelques ingrédients qu'on ne peut pas produire nous mêmes". Question de goût, car tout est meilleur quand c'est fait chez soi, mais question de principe aussi. Faire pousser sa nourriture donne le sentiment de contrôler ce que l'on mange et redonne une certaine indépendance : "Si une catastrophe arrive, on aura de quoi survivre un peu plus longtemps!", explique Erik Knutzen, faisant allusion au fameux Big One, le tremblement de terre de magnitude 6 attendu à Los Angeles d'un moment à l'autre.

Voici un extrait de notre entretien :








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dimanche, janvier 17, 2010

Le fantasme de l'islamisation de l'Europe aux Etats-Unis

Justin Vaïsse dresse une critique très intéressante sur le fantasme de nombreux Américains sur une supposée islamisation de l'Europe. Il prend l'exemple d'un livre écrit par un journaliste du (journal réactionnaire) Weekly Standard, encensé par la presse américaine qui y voit le "meilleur livre sur l'islam en Europe", selon le New York Times.

Dans son livre, Reflections on the Revolution in Europe, Christopher Caldwell illustre son incompréhension des problèmes, mais ce qui est inquiétant, c'est que sa vision semble dominer dans le monde anglo-saxon, comme j'ai pu le constater après les émeutes urbaines de 2005. Les questions-affirmations des Américains qui avaient vu les voitures en feu sur Fox News étaient toutes les mêmes : assiste-on à un Jihad en Europe?


L'interprétation anglo-saxone était civilisationnelle et religieuse, comme pour justifier a posteriori la guerre en Irak et en Afghanistan. L'explication est en fait tout autre : violences policières comme élement déclencheur, discriminations, démographie particulière des zones touchées (disproportion de jeunes) et chômage comme facteurs structurels... mais ça, mes interlocuteurs avaient du mal à le croire.

Je laisse parler l'ami Justin Vaïsse, qui explique le problème bien mieux que moi, par ici.

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jeudi, janvier 14, 2010

"Avatar" provoque l'ire des conservateurs américains

Avec plus d'un milliard de dollars de tickets vendus dans le monde, le film de James Cameron est un succès indéniable sur tous les fronts... sauf auprès des républicains. Du moins, plutôt auprès des républicains bloggers, conservateurs médiatiques ou critiques de films à droite de l'échiquier politique.

La raison de ce désamour : Avatar est une violente critique des idées de la droite américaine, du moins l'estiment-ils. Il est courant pour certains critiques américains de classer les films hollywoodiens « à droite » ou « à gauche ». Milk, qui raconte l'histoire du leader des droits homosexuels Harvey Milk, Relidicule, qui point les problèmes des religions, Lions et Agneaux sur la guerre en Afghanistan avec Tom Cruise ou encore Détention secrète avec Meryl Streep ont été taxés de « liberal movies ».

Et c'est ce qui en train d'arriver à Avatar. Les conservateurs pointent du doigt sa bien pensance à de nombreux égards. Pro-environnementalisme mielleux, militaires américains caricaturés en brutes épaisses, idéalisation de la population Na'vi en tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil et enfin une exaltation du panthéisme, en opposition à nos religions humaines soit disant ringardes. Le bloggueur conservateur John Nolte, qui tient le blog « Big Hollywood », estime par exemple qu'Avatar est « plein de personnage simplistes et de clichés politiquement corrects, où les gauchistes prennent leur revanche sur les méchants".

Les conservateurs médiatiques dénigrent un film qu'ils qualifient « d'anti-américain ». John Podhoretz du Weekly Standard ne dit pas autre chose : « C'est l'un des films les plus idiots que j'ai jamais vu. On entend tous ces critiques de films qui nous disent qu'Avatar est une épopée verte sur la destruction de l'environnement et une attaque en règle sur la guerre en Irak. Mais ce film n'est autre qu'un appel à la défaite des soldats américains face aux insurgés irakiens. » Une critique acerbe qui illustre bien que les conservateurs et la machine hollywoodienne ne font pas bon ménage, l'industrie du cinéma ayant toujours été soupçonnée de penchant progressiste.

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vendredi, janvier 08, 2010

Ce qui va changer en 2010 en Californie

Depuis le 1er janvier, les restaurants californiens ne peuvent plus cuisiner avec des acides gras trans, les spectateurs de combats de chiens seront soumis à des amendes et les paparazzis seront plus sévèrement sanctionnés si ils enfreignent la loi pour obtenir des photos des stars. Voici quelques uns des changements qui auront lieu dans le Golden State en 2010, des changements qui risquent d’inspirer d’autres Etats tant on connait le rôle de modèle joué par la Californie dans de nombreux domaines. Passage en revue des 10 nouvelles lois les plus marquantes.

1. La guerre aux graisses trans : l’utilisation de graisses hydrogénées – ou acides gras trans - est interdite dans les restaurants californiens – dont les fast-food, dès 2010 et dans les produits de boulangerie, traiteur, et delicatessen en 2011. Les acides gras trans présent dans notre alimentation augmentent significativement le risque cardio-vasculaire et l’obésité. Les produits emballés, trouvés en grande surface, ne sont pas concernés par cette mesure.

2. Queue des vaches. La pratique de l’amputation de la queue des vaches, courante dans l’industrie agro-alimentaire, est désormais interdite. Cette pratique cruelle, importée de Nouvelle-Zélande au début du 20ème siècle et étendue à de nombreux pays, y compris en Europe, vise à améliorer l’hygiène de la vache laitière et surtout le confort du personnel agricole. La queue des vaches est en effet source de contamination (présence d’urine…) pour le lait et pour les hommes. L’amputation de la queue est interdite, sauf recommendée par un vétérinaire, dans l’intérêt de la vache.

3. Epoux en politique : Une nouvelle loi interdit aux hommes ou femmes politiques de rémunérer leur époux(se) ou conjoint(e) lorsqu’ils sont en campagne. Cela est considéré comme de l’enrichissement personnel.

4. Livres scolaires électroniques : Arnold Schwarzenegger en avait fait son cheval de bataille en 2009 : étendre l’usage de livres électroniques type Kindle dans les salles de classe publique, à la place des livres scolaires traditionnels considérés comme encombrants, lourds, chers et désuets. “Pensez aux six dernières années, tout ce qu’il s’est passé. Par exemple, la guerre en Irak, le premier président noir… tout cela n’apparait pas dans ces livres scolaires”, notait-il en juin dernier. L’industrie de l’édition s’est férocement battu contre ce projet, en vain. Le contenu des livres électroniques scolaires sera open-source et fera faire des économies à tout le monde : à l’écolier comme à l’Etat.

5. Jour Harvey Milk : Le 22 mai devient une journée en l’honneur d’Harvey Milk, homme politique et militant pour les droits civiques des homosexuels à San Francisco dans les années 70. Une mesure qui est la conséquence directe du succès du film Milk, doublement oscarisé, avec Sean Penn. Les écoles de l’Etat sont encouragées à commémorer son action.

6. Combats de chiens : Les spectateurs de combats de chiens voient leur amende augmenter considérablement si ils sont jugés coupables : 5000 dollars et jusqu’à un an d’emprisonnement.

7. Paparazzis à l’assaut des stars : Les stars contre-attaquent. Grâce à Jennifer Aniston qui a défendu la loi, les paparazzi seront plus lourdement pénalisés si ils sont en infraction avec la loi lorsqu’ils sont à l’affût d’une photo choc. L’héroïne de Friends, constamment traquée, a fait en sorte que les photographes qui brûlent des feux rouges et doublent lorsqu’ils n’en ont pas le droit soient plus sévèrement punis.

8. Poids lourds polluants : Les véhicules commerciaux recevaient une amende de 300 dollars si ils étaient stationnés avec leur moteur allumé pendant plus de 5 minutes (appelé idling en anglais). A partir de 2010, cette mesure s’étend aux bus scolaires.

9. Noeud pendu : Exhiber des cordes à pendre sur un lieu de travail, dans des écoles ou sur un lieu public est proscrit. Une loi qui résulte d’une série d’accidents dans des établissements scolaires. Le noeud pendu est désormais considéré comme “un symbole représentant une menace vitale.”

10. Conservation de l’eau : Des efforts sont faits pour réduire la consommation de l’eau, une denrée qui fait cruellement défaut au sud de la Californie. Un mandat fait un sorte de réduire la consommation urbaine de 10% d’ici 5 ans et de 20% en 2025. Un plus de cela, l’Etat met en place un dispositif de contrôle des réserves d’eau afin de mesurer l’évolution des réserves dans les nappes phréatiques.

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mardi, décembre 22, 2009

Comment faire de noël une fête écolo

Louer des sapins de Noël au lieu d'acheter un arbre coupé ou un sapin en plastique? Scott Martin en a eu l'idée et a créé son entreprise de location de sapins de Noël à Los Angeles l'année dernière. Je les ai découvert en allant faire mes courses au marché de dimanche matin à Santa Monica.

Louer son sapin, pour quoi faire? Tout d'abord, l'arbre reste en pot, et peut continuer à pousser. Il est stocké dans une pépinière le reste de l'année en attendant Noël suivant. Les arbres ne font pas des milliers de kilomètres depuis le nord du pays, comme c'est le cas pour les sapins coupés. Et on garde quand même l'atmosphère de Noël avec le merveilleux parfum de l'arbre qui envahit la maison.

Un geste environemental et une autre façon de dire stop au consumérisme démesuré de Noël.



Publié sur France USA Media.

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mardi, décembre 15, 2009

Le Mexique, nouvel eldorado médical pour les Américains

Traverser la frontière pour se faire soigner : c'est bien souvent le seul choix laissé aux Américains sans couverture médicale qui ne peuvent pas payer le prix des soins aux Etats-Unis.

Ville frontalière, Tijuana regorge de cabinets dentaires, pharmacies, cliniques et même hôpitaux s'adressant directement à cette clientèle nord-américaine. On estime à 20 millions le nombre d'Américains qui se rendent chaque année au Mexique, pour échapper à un système de santé considéré comme inefficient et trop onéreux. J'ai mené ma petite enquête à Tijuana.

Un sujet paru sur Le Blog de XXI.

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samedi, décembre 05, 2009

Les quartiers chauds de Los Angeles ont-ils un potentiel touristique?

South Central Los Angeles. DR.

A partir du mois de janvier 2010, une organisation propose aux touristes de visiter en bus les quartiers déshérités de Los Angeles. South et South Central LA sont des quartiers célèbres pour leurs gangs, où les coups de feux sont quasiment quotidien. Les communautés noires et d'origine latine cohabitent avec plus ou moins de succès, comme l'ont rappelé les violentes émeutes interraciales du début des années 90.

L'initiative touristique est controversée, mais l'organisation qui la propose n'est pas un simple tour operator aux motifs purement commerciaux. Il s'agit d'un groupe d'activistes souhaitant revitaliser l'économie de ces quartiers pauvres et stigmatisés. La ville de Los Angeles est un vaste étalement urbain fortement marqué par les clivages sociaux. L'ouest de la ville regroupe les populations plutôt aisées, tandis que les personnes issues de minorités noires et hispaniques occupent l'est et le sud de la métropole, des quartiers en difficulté rarement visités.

L.A. Gangs Tours espère inverser la tendance et montrer aux outsiders ce qu'est vraiment "South Central", au-delà de sa réputation sulfureuse. Les fondateurs de cette organisation sont d'anciens membres de gangs, comme Alfred Lomas, qui faisait partie de Florencia 13. L'idée est de d'utiliser les 65 dollars payé par chaque visiteur pour stimuler l'économie locale, par la création d'emplois ou le développement de micro-crédits pour entrepreneurs locaux.

Au programme du tour : les quartiers de Watts, Compton ou encore Florence, en plein coeur de South LA. Les visiteurs pourront contempler les pires exemples de logements sociaux ou encore les sites devenus célèbres pour leurs sanglantes confrontations entre gangs.

© Joseph Rodriguez (AFP)

Si l'initiative est taxée de "voyeurisme malsain" des riches dans les quartiers pauvres, Alfred Lomas, l'un des organisateurs, y voit un projet éducatif. Il souhaite expliquer aux gens l'origine de South LA et les raisons qui ont mené aux clivages sociaux et raciaux, et finalement, à l'émergence de gangs.

"C'est une bonne initiative pour sensibiliser les gens à ce qui se passe vraiment" dans ces quartiers, explique Francisco Ortega, qui travaille comme médiateur à South Los Angeles, mais le risque, souligne-t-il, "c'est que cette visite s'apparente à l'exploration d'un zoo".

Les membres du projet sont optimistes. Ils estiment que ce genre de tour pourra concurrencer les célèbres tours en bus d'Hollywood. En attendant, LA Gangs Tour fait un intense travail de sensibilisation dans ces quartiers déshérités, afin d'expliquer leur projet à la population locale. Mais Terry Jensen, un entrepreneur qui soutient le projet, reconnait que "le moindre incident ou échange de tirs pendant un tour et l'organisation perd toute crédibilité."

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vendredi, novembre 27, 2009

"Quand on n'a pas d'assurance, on croise les doigts pour ne pas tomber malade"

Alors que le Sénat américain vient de s’emparer du projet de loi du réforme de la couverture santé voulue par Barack Obama, quarante millions d’Américains galèrent sans assurance. Sofiya Goldshteyn est un exemple parmi d’autres, mais révélateur. Elle ne s’est jamais vraiment inquiétée pour sa santé. Mais début novembre, la jeune fille de 27 ans a commencé à ressentir une douleur dans l’une de ses molaires. Elle n’a pas tardé à recevoir le diagnostic : plusieurs plombages à remplacer, et une couronne à poser. Sofiya Goldshteyn n’a pas d’assurance maladie, et a dû payer les 1000 dollars de frais dentaires de sa poche. Une facture difficile à avaler, même si elle travaille à temps plein dans une entreprise informatique.

Deux tiers de la population active est couverte par le biais de son employeur, le reste a le choix de souscrire à une assurance privée individuelle. Mais en raison des coûts exponentiels des tarifs des compagnies d’assurance, de moins en moins d’employeurs offrent une couverture maladie à leurs employés. Comme Sofiya Goldshteyn, plus de la moitié des personnes sans assurance santé aux Etats-Unis ont un travail. Pour elle, ne pas avoir de couverture maladie, c’est prendre le risque de se ruiner au moindre souci de santé.

“Depuis que je n’ai plus d’assurance, j’ai changé mes habitudes de vie, j’ai plus conscience du risque, par exemple quand je conduis, je fais attention de ne pas aller trop vite et j’évite de prendre la route si il pleut. J’essaie de manger correctement pour ne rien attraper. C’est vraiment stressant de savoir qu’au moindre accident, on peut être ruiné.”

Pour payer ses frais dentaires, Sofiya Goldshteyn a du souscrire à un emprunt auprès de Care Credit. Cette société de crédit s’adresse exclusivement aux personnes sans assurance et solvables comme Sofiya qui ont besoin d’argent pour payer leurs factures médicales peu élevées. C’est avantageux, selon Sofiya, car cela lui permet de payer 50 dollars par mois sans frais, à condition qu’elle rembourse son emprunt à échéance, sinon le taux d’intérêt caracole à 20%.

Souscrire à une assurance privée? Sofiya Goldshteyn ne se pose même pas la question. Entre son loyer, ses factures mensuelles, son prêt étudiant à rembourser et ses frais médicaux, elle ne gagne pas assez pour débourser plusieurs centaines de dollars par mois pour un assurance privée. Alors en attendant, Sofiya Goldshteyn croise les doigts pour rester en bonne santé.

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lundi, novembre 09, 2009

Korea Town ou Little Bangladesh ?... pour un quartier latino !

C’est l’un de ces débat qui ne peut avoir lieu qu’à Los Angeles. Depuis les 30 dernières années, quelque 50 000 Coréens ont élu domicile dans un quartier situé à deux pas du centre ville. L’endroit était de facto devenu Korea Town, même si depuis les émeutes de 1992, beaucoup de Coréens avaient fuit le quartier car largement pris pour cible par les gangs noirs américains du sud de la ville. Depuis, les commerces restés vacants avaient été repris par des Latinos - Salvadoriens, Guatémaltèques, et bien sûr, Mexicains. Le ratio est officiellement de 30% de Coréens, 10% de Bengalis et 60% de Latinos.

La surprise fut donc générale lorsque l’année dernière, un groupe de Bengalis déposa une demande officielle de nommer le quartier Little Bangladesh. On compte officiellement moins de 2000 Bengalis dans le comté de Los Angeles, mais le consul du Bangladesh estime que le chiffre réel se situe entre 10 000 et 15 000.

La guerre des dénominations est une question de fierté, reconnaissent les deux partis. Mais ce clash entre communautés ethniques est un phénomène nouveau, indique Jan Lin, professeur de sociologie qui étudie les enclaves ethniques : “historiquement, les conflits opposaient blancs contre non-blancs, lorsque des immigrants venaient s’installer et dérangeaient l’ordre établi.”

Los Angeles est considérée comme l’une des villes les plus diverses au monde, culturellement et ethniquement. Des dizaines de communautés vivent côte à côte. Et cela se reflète dans le développement urbain : Chinatown, Filipinotwon, Little Armenia, Little Ethiopia, Tehrangeles, Little Tokyo, Thai Town…

Le conflit entre Coréens et Bengalis touche à sa fin, ces derniers s’étant résignés à accepter quelques kilomètres carrés officiellement dénommés Little Bangladesh, au sein du quartier de Korea Town.

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mardi, novembre 03, 2009

Course de citrouilles à Manhattan Beach

La "World Famous Pumpkin Race" est un évènement très américain à la veille d'Halloween. Il s'agit d'un concours de citrouille sur roulettes, une tradition de 19 ans, précise le site du concours, où les participants plantent deux axes et des roulettes à chaque extrémité du légume.


La course a lieu sur un tronçon de route très pentu qui fait face à la mer à hauteur de Manhattan Beach. Le premier "pumpkin" qui franchit la ligne d'arrivée gagne. Et gare aux tricheurs. Pour ceux qui tenteraient de faire passer une pastèque pour une citrouille, c'est le "smash" garanti. Autrement dit, écrasé à coup de marteau, dans la ferveur générale. Gâchis de nourriture? Les enfants - comme les parents - en tout cas, adorent.



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lundi, novembre 02, 2009

Histoire politique des Etats-Unis en cartes

Ca fait un an que les Etats-Unis vivent sous l'ère Obama, et pour l'occasion, je vous propose de voir - ou revoir - ce cours passionnant du prof de science politique Martin Lewis, de l'université de Stanford. Le cours se penche sur l'histoire politique des Etats-Unis par le biais de cartes. Donc oui, le cours est en anglais, mais le flot de documents visuels aide à comprendre l'évolution politique du pays et surtout sa division démocrates-républicains. Le cours date de 2008, juste avant l'élection d'Obama, mais il est toujours d'actualité.

A regarder en plusieurs fois, car chaque cours - il y en a 6 - dure une bonne heure.

Intro :



Je recommende chaleureusement le portail Academic Earth, où le cours de Martin Lewis est plus agréable à visionner que sur YouTube.

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mardi, octobre 27, 2009

Surf

Qu'il vente ou qu'il neige, les surfers cherchent toujours la vague sur les plages de Californie. Ici à Manhattan Beach, dimanche 25 octobre. Prises de vue en accéléré.

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vendredi, octobre 09, 2009

Enquête sur le phénomène des "child free"

Ils ont choisi de ne pas avoir d'enfants. Le dernier numéro du magazine écolo urbain Terra Eco fait le point sur le problème de la surpopulation en mettant le doigt sur ce qui fait mal : faut-il arrêter de procréer?

J'ai posé la question à plusieurs personnes aux Etats-Unis qui ont franchi le pas. Les raisons sont diverses, mais l'écologie est un facteur important dans leur choix. Le souhait de ne pas contribuer à ajouter aux 7 milliards d'habitants, de ne pas épuiser davantage les ressources naturelles. J'ai donc demandé à Eric, Scott et Kate de m'expliquer leur choix. Ils vivent tous aux Etats-Unis. Voici leur réponse.

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jeudi, septembre 24, 2009

Un nouveau festival de Frenchies en mal de pays à LA

Le nom du festival fait frémir l’oreille des Américains : “Ooh la L.A.” Cette expression à la connotation coquine outre Atlantique va désormais symboliser un rendez vous culturel immanquable à Los Angeles. Destiné à présenter les nouveaux talents de la scène pop et électro française, le “Ooh la LA festival” a comme tête d’affiche des artistes comme Sébastien Tellier, Emilie Simon, Gonzales, le collectif Nouvelle Vague et bien d’autres.

L’évènement s’étend sur trois soirées au théâtre Henry Fonda, sur Hollywood Boulevard, du 23 au 25 septembre 2009. J'ai été voir Gonzales mercredi soir. Je l'avoue sans rougir, je ne connaissais pas cet artiste talentueux, qui jongle entre musique et performance théâtrale. Lire la suite...

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lundi, septembre 21, 2009

Les tatouages, c'est so yesterday...

Mon dernier portfolio sonore, sur le business lucratif du détatouage à LA.

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vendredi, septembre 11, 2009

Les chaussures Crocs passent (enfin) de mode


Est-ce la fin d’une époque? Les Crocs ne se vendent plus. C’est une success story qui prend fin, car ces sandales colorées, que l’on aime ou que l’on déteste, ont connu une ascension fulgurante dans le monde de la chaussure. Pas moins de 100 millions de paires vendues en 7 ans - un record.

Mais voilà, toutes les bonnes choses ont une fin, et les Crocs sont en passe de tomber dans les oubliettes de l’histoire de la mode. Portées par George Bush ou encore Roselyne Bachelot, les chaussures à trous aux couleurs flashy ne se vendent plus. La faute à leur durabilité, selon certains. Ces sabots, initiallement conçus pour les activités nautiques à cause de leur imperméabilité, sont aussi extrêmement confortables.

« Peu importe que ce soit beau ou pas, c’est facile à mettre. Vous ne transpirez pas. Il n’y a pas de problèmes de champignons. C’est pour les gens qui travaillent et ont mal aux pieds toute la journée », déclarait le PDG de Crocs France Jean-Jacques Cherry dans les colonnes de Rue 89 en 2008. Crocs dispose d’ailleurs d’un magasin à Paris sur l’avenue de Wagram.

Les sabots en plastique, dont l’idée a germé dans la tête de Canadiens reprise ensuite par trois Américains, sont mondialement portés. Si les Etats-Unis sont un grand marché, plus de la moitié des Crocs sont vendues à l’étranger.

Mais depuis 2008, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour l’entreprise. 2000 employés licenciés, 185 millions de dollars de pertes et un surplus monumental de ses sabots en caoutchouc. Crocs Inc. est sur le point de faire faillite. Une nouvelle qui en réjouit certains : “chaussures de clown”, “sabots les plus moches de l’histoire”, “summum du mauvais goût”, les critiques indignées fusent de toutes part sur la toile.

Crocs a bien tenté de lancer une nouvelle ligne, avec ses sabots fourrés pour l’hiver, mais rien n’y fait. La mode, par définition, est passagère. Le mauvais goût aussi apparemment.

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dimanche, septembre 06, 2009

Surfer en sirtotant son café? Un petit plaisir qui risque de disparaître


Siroter son latte en surfant sur le web, une image courante dans la plupart des cafés aux Etats-Unis. Mais ce petit plaisir pourrait bien toucher à sa fin. De plus en plus de cafés verrouillent prises et wi-fi à l’encontre de clients indélicats, qui “squattent” des heures avec pour seul achat, une tasse de café : 2 dollars tout au plus.

A Naidre’s, une brasserie de quartier à Brooklyn, on a décidé de changer les règles. “Chers clients, nous sommes flattés de voir que vous nous appréciez tellement que vous voulez passer la journée chez nous, mais ceux qui veulent manger doivent pouvoir s’assoir“, avertit un panneau à l’entrée, détaille Erica Alini dans le Wall Street Journal.

Résultat : les ordinateurs portables sont interdits entre 11h et 14h en semaine et 10h et 15h le week end. A moins que le client commande à manger et ne fasse pas que pianoter sur son clavier.

Alors que la crise accroît le nombre de demandeurs d’emploi, les cafés des grandes villes se remplissent de clients qui ont de plus en plus de temps libre et le passent à postuler à des offres en ligne, ou simplement à surfer sur le net, profitant de l’Internet gratuit. Le genre de clients qui ne remplit pas les caisses.

Jusque là, les surfers et les cafés entretenaient une idylle où les uns étaient chaleureusement accueillis et les autres se réjouissaient de faire salle comble. Mais les abus deviennent de plus en plus nombreux, et l’idylle tourne au vinaigre. Sur les sites de notation des cafés et restaurants comme Yelp.com, les insultes fusent. “Bonne chance pour rester ouvert si vous refusez l’entrée à la moitié de votre clientèle”, écrit une étudiante de la chaine de cafés Cocoa Bar, alors qui s’est vue renvoyer à la sortie de son ordinateur.

La tendance touche majoritairement des cafés indépendants, pas les cafés de chaine comme Starbucks ou Borders, où de toute façon, le wi-fi est payant. Les cafés jouent un rôle essentiel pour une partie de la population à la recherche d’un emploi. Les entretiens y ont parfois lieu, comme le raconte cette réalisatrice de film indépendante “maintenant, je suis constamment à la recherche d’endroits avec Internet ou je peux me concentrer sans qu’on m’observe d’un air désapprobateur“.

Mais les abus sont réels. Certains clients vont jusqu’à ramener leur tasse et leur sachet de thé, et ne demandent que de l’eau chaude. D’autres déballent discrètement leur sandwich, préparé chez eux.

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jeudi, août 27, 2009

dieu et plateau repas



Aujourd'hui, j'ai discuté avec quelqu'un de religieux dans ma boîte. C'est-à-dire quelqu'un qui croit en dieu, comme 80% de la population américaine. Il était catholique, élevé dans un pays d'amérique centrale à forte tradition catholique, mais depuis qu'il est aux Etats-Unis, il a changé, il est devenu "chrétien". Je lui dit que catholique c'est juste une forme de christianisme. Il ne se souvient plus de la dénomination exacte mais il me dit qu'il est plus proche de dieu grâce à cette religieux qu'il a choisi. "Dans mon église avant, on nous lisait la bible, on était complètement passifs, là je lis la Bible moi-même et la vérité est sous mes yeux."

Lorsqu'il est temps de savoir quelle religion je pratique, mon interlocuteur, d'environ 25 ans et émigré du Guatemala depuis qu'il a environ 20 ans, n'en croit pas ses oreilles. Non je ne crois pas en dieu. Il est éberlué pour quelques minutes et je pense qu'il n'avait jamais rencontré quelqu'un avec qui il est proche être athée. Les religieux et non religieux ne traînent pas ensemble aux Etats-Unis, et si ils le font, ils ne parlent pas religion. Un peu comme en France, on n'évoque pas combien on gagne. Il a essayé de me convaincre de lire la Bible, je lui ai dit que ça ne m'intéressait pas, et je l'ai quitté avec un grand sourire, lui est resté assis, perplexe, avec son plateau repas.

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