dimanche, avril 25, 2010
vendredi, avril 23, 2010
Sebastian Copeland: pour l’amour des pôles

-40°, banquise à perte de vue, vents violents. Sebastian Copeland est dans son élément. Le coeur de cet aventurier explorateur ne bat que pour la beauté des pôles. A priori, Sebastian Copeland a peu de points en commun avec la France : un anglais parfait avec une pointe d’accent british, une maison à Los Angeles… « J’ai un coeur britannique, un sang français et un esprit américain », explique-t-il, dans l’ordre, dans un français quasi-parfait.
Ce baroudeur des temps modernes a un profil atypique. Issu d’une prestigieuse lignée de musiciens français du côté de son père, Sebastian Copeland a préféré renoncer au lourd héritage du nom paternel – son père est le chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus – en adoptant celui de sa mère anglaise. Ses parents divorcent lorsqu’il est encore enfant, et il grandit au nord de la Manche. C’est à cet âge crucial qu’il part à la découverte du monde notamment avec son grand-père maternel qui l’emmène en safari en Afrique du Sud. « C’est là que j’ai pris mes premières photos », se souvient-il.
Une jeunesse dorée qui se poursuit à New York, lorsque le jeune Sebastian suit les cours du très mondain lycée français avant de poursuivre ses études supérieures à l’Université UCLA de Los Angeles. Il s’essaie rapidement à la batterie, sans succès, et se lance pour de vrai dans la photographie en passant d’abord par la pub et s’immerge avec facilité dans le monde glamour et paillettes hollywoodien, d’autant plus que son cousin n’est autre qu’Orlando Bloom, alias Legolas dans Le Seigneur des Anneaux.
Suite du portrait ici.
Libellés : Sebastian Copeland
mardi, avril 06, 2010
La réinsertion par le croissant
JC, comme il aime qu'on l'appelle, est un Breton "pur beurre" originaire de Guingamp. Sa première expérience avec les Etats-Unis remonte à 1986. A l'époque, il souhaitait améliorer son anglais pour travailler comme attaché de presse au sein d'une association de réflexion sur la défense : le Haut Comité Français pour la Défense Civile. Du microcosme politique parisien, le jeune homme fait le grand écart et débarque à New York comme sommelier au Plaza Athénée grâce à un contact : "A l'époque, c'était de la débrouille", sourit-il, "le monde de l'hôtellerie-restauration était truffé de Bretons, alors on s'aidait entre nous."
Jean-Christophe Le Varrat (à droite), avec l'un des chefs boulangers à Homeboy Industries
Jean Christophe Le Varrat n'a qu'un anglais balbutiant mais qu'importe : il devient accro au pays. Il monte en grade et devient maître d'hôtel à New York jusqu'à ce qu'une opportunité se présente dans un restaurant de Santa Monica désormais disparu appelé "Fennel". De là, ses expériences s'enchainent notamment au Beverly Hills Hotel puis il monte son propre restaurant. Le trentenaire est comme un poisson dans l'eau dans un pays où la prise de risques est récompensée et se reconnaît dans le mythe du self made man.
Le retour à la réalité est brutal. En plus de perdre son travail dans le restaurant qu'il a co-fondé, il est en plein divorce alors qu'il a deux enfants en bas âge. "A 38 ans, j'ai eu l'impression de tout perdre, de tout avoir à recommencer à zéro", se souvient Jean-Christophe. Une rude épreuve dont il a réussi à se sortir trois ans plus tard. "C'est à ce moment là que je me suis lancé sérieusement dans la boulangerie-pâtisserie", confie-t-il avec pour secrète ambition de concurrencer l'importante boulangerie de Los Angeles : La Brea Bakery. Il créé sa propre entreprise qui finalement échoue, mais l'idée reste intacte : "J'étais convaincu qu'il manquait une boulangerie digne de ce nom à LA."
Libellés : gangs LA, Homeboy Industries
mardi, mars 30, 2010
La pelouse, un symbole américain à désherber
Grande maison, garage pour deux voitures sans oublier le jardin au gazon impeccable, tel est le stéréotype du pavillon de banlieue à l'américaine. Reflet de la réussite économique, devenir propriétaire aux Etats-Unis implique aussi de se conformer. La pelouse verte parfaitement tondue en face de sa demeure était, et reste toujours, un moyen de prouver son appartenance à la société de l'Oncle Sam. Les Américains nouent un attachement presque viscéral à leur gazon, mais à quel prix?
Qua et Angelina Qua ont remplacé leur gazon par un jardin adapté au climat sec et aride de leur ville de Californie du Sud.Qua et Angelina Ha sont devenus propriétaires il y a près de huit ans dans la ville d'Orange, au sud de Los Angeles. Installé dans une maison au sein d'un lotissement de banlieue, le jeune couple actif répétait machinalement les tâches d'entretien de leur gazon : arrosage quotidien, tonte le week-end, ajout d'engrais et de pesticides à l'occasion. "Notre consommation d'eau dépassait le million de litres par an", souligne Qua Ha, manager informatique d'origine asiatique. Par souci financier, mais surtout écologique, le couple a décidé de faire une croix sur ce gazon énergivore en 2008 pour le remplacer par des copeaux de bois et quelques plantes grasses. Croyant bien faire, le jeune couple a reçu une amende quelques mois plus tard. Motif : le code municipal requiert 40% de "végétation vivante" dans les jardins de ses habitants.
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Libellés : consommation eau, environnement, gazon
mardi, mars 16, 2010
LA, la violence ordinaire
Libellés : gangs, lapd, los angeles, violence
samedi, mars 13, 2010
Valley girl talk
Ca ressemble à une mauvaise publicité. Le cliché des filles faciles, superficielles, blondes et intéressées. Cette semaine, j'en ai fait l'expérience. Passer une soirée avec ce qu'on appelle péjorativement ici les "valley girls", ces filles de la vallée, c'est-à-dire la vallée de San Fernando, au nord de Los Angeles, une "suburbia" de gens considérés comme riches et sans culture. Les "valley girls" sont tristement célèbres pour être cela : riches, sans culture, superficielles, en dehors des réalités. En l'occurrence, ma soirée étaient avec des filles de l'université privée USC qui est aussi célèbre pour ce même type de mentalité. Voici une conversation type :- Oh my god! Did you hear about Cindy?
- No, but I totally want to know!
- You know, she was depressed, her boyfriend, you know, he didn't make as much money so, I mean, you know like she was : I can't stay with you anymore, you know what I mean?
- Like, for real?
- Oh my god, she totally told him that, like, that's crazy, you know!
Le pire c'est que je ne force pas le trait. Donc pour maitriser parfaitement la langue Valley girl, c'est simple, il suffit de saupoudrer toutes vos phrases par : Like, You know what I mean? Totally! You know… I mean (interchangeable).
Libellés : valley girl
mardi, mars 09, 2010
Les mustangs, trop nombreux, sont chassés de leurs terres

Ils sont le symbole de l'Ouest américain. Les chevaux mustangs ont conquis l'Amérique du temps des pionniers et se sont tellement bien adaptés qu'ils sont maintenant devenus trop nombreux. 12 000 de trop, selon le gouvernement américain, qui a décidé de capturer ces chevaux sauvages dans les plaines du Nevada et du Colorado. Une initiative qui avive de vives tensions aux Etats-Unis entre les défenseurs des animaux et les industriels.
À l'état sauvage, les bêtes sont trop nombreuses pour pouvoir manger à leur faim, selon le directeur du Bureau of Land Management, Bob Abbey. Un cheval adulte peut manger jusqu'à 10kg de broussailles par jour. Or, ce qu'il manque, c'est l'espace et surtout les ressources pour pouvoir nourrir tous ces chevaux. C'est du moins ce que prétendent les personnes en faveur d'un contrôle de la population équine, avançant qu'il y a entre trois et cinq fois plus de chevaux que ce que l'habitat peut supporter. Les bêtes capturées sont transportées dans d'autres pâturages, les plus jeunes sont proposés à l'adoption.
Mais il y a l'art et la manière. Les défenseurs animaliers dénoncent eux une campagne cruelle et inhumaine destinée à servir les intérêts des agriculteurs. Ainsi, pointent-ils, les chevaux sont repérés à l'aide d'hélicoptères qui bourdonnent à quelques mètres du sol. Les bêtes, affolées, galopent durant des heures et finissent par s'affaiblir. Les agents fédéraux n'ont plus qu'à les attraper.
Une mesure qui sert les intérêts des éleveurs de bétail qui veulent pouvoir utiliser les plaines pour leur cheptel, insistent les opposants à cette mesure. Autre détail significatif, le Bureau of Land Management a comme mandat de faire passer un nouvel oléoduc de 1100 km du Wyoming jusqu'en Oregon. L'oléoduc traversera les terres situées au nord de la ville de Reno, dans le Nevada, une région où des milliers de chevaux sont capturés.
L'affaire a pris un tournant politique à paillettes puisque de nombreuses stars, à l'instar de Sheryl Crow, se sont mobilisées et ont écrit au président Obama pour interrompre la capture des mustangs, un programme mis en place sous le gouvernement Bush. «Contre le pouvoir de l'industrie agricole, de l'industrie du minerai et de l'industrie pétrolière, les chevaux sauvages n'ont aucune chance», souffle Margaret Cooper, une résidente du Nevada, dans la presse américaine.
Libellés : chevaux sauvages
dimanche, février 28, 2010
Et toi, t'es atteint de senioritis?

Venir en cours - ou pas, écouter passivement les profs, faire ses devoirs - vite fait, survoler les exams… sounds familiar? Aux Etats-Unis, cette attitude je-m’en-foutiste a un nom : la “senioritis”, un terme qui fait penser à une maladie contagieuse.
Senioritis vient du terme senior, qui fait référence à ces étudiants en dernière année - que ce soit en dernière année de lycée ou d’université. Aux Etats-Unis, les élèves savent si ils sont admis à l’université au milieu de leur dernière année de lycée. Pourquoi continuer à travailler comme des forcenés puisqu’ils savent si ils seront ou non admis?
Cette dernière année, ou plus précisément le dernier semestre de cette dernière année, les étudiants ont une tendance à la “procrastination, perte de motivation, baisse des notes, manque de concentration pendant les cours, cruising (venir en cours en touriste)”. Tels sont les symptômes de la senioritis, un fléau, selon le corps enseignant, qui a décidé d’agir en prenant désormais en compte les notes du dernier semestre de lycée avant d’avaliser l’admission du senioriteux potentiel.
“Honte à l’éducation américaine”, “décadence des étudiants”, “incitation à l’oisiveté”, les critiques des adeptes de la senioritis ont remis de l’ordre en brandissant la menace des étudiants asiatiques, qui surpassent de très loin les résultats de leurs confrères américains.
Dans un contexte professionnel, la senioritis décrit toute personne arrivant à la fin de son contrat de travail - sans espoir de CDI - et pressée d’en sortir. De façon générale, ce terme, inventé aux Etats-Unis, pourrait s’appliquer aux soon-to-be retired, c’est-à-dire aux gens sur le point de partir en retraite et qui n’en peuvent plus d’attendre. Un nouveau terme à faire approuver par l'Académie française?
Libellés : senioritis
lundi, février 15, 2010
Il pleut à LA?
Une décision qui se faisait attendre dans cette ville de Californie où l'eau est tellement rare que les habitants ne savent pas comment réagir lorsqu'il pleut. Des carrefours entiers deviennent d'énormes pataugeoires, les piétons doivent faire preuve d'imagination pour traverser les rues et surtout, la majorité de cet "or bleu" finit dans la mer par le biais des égouts. Une eau sale, qui s'est écoulée sur les toits des voitures, les trottoirs et la chaussée avant de polluer le Pacifique.Les nouvelles habitations refusant de mettre en place un tel système se verraient imposer une taxe qui permettrait de financer la constructions de maisons à faible impact environnemental. L'idée est de réduire la pollution en évitant à près de 400 millions de litres d'eau de pluie sale de finir dans l'océan. Mais aussi d'accroître la perméabilité des sols, depuis trop longtemps sellés par des tonnes de béton et de bitume.
Tonneaux de stockage, routes poreuses et rigoles devront désormais faire partie de la panoplie du constructeur immobilier à LA. Et les règles sont strictes : la moindre goutte d'eau de pluie qui échapperait aux systèmes de rétention et de stockage et c'est l'amende. 13 dollars le gallon, soit 2,5 euros le litre. Face à l'ire des associations de constructeurs, les autorités derrière la proposition de loi ont accepté de lâcher du lest. Il sera possible de laisser s'écouler l'eau de pluie dans les égouts à condition de la filtrer en amont.
Si tout va bien, la loi prendra effet en 2011.
lundi, février 08, 2010
Apprendre le français quand on est latino? Facile!
L’idée est d’utiliser l’espagnol comme passerelle pour apprendre le français, deux langues voisines par leur origine romane. Un concept pour l’instant unique aux Etats-Unis puisque la classe n’est proposée nulle part ailleurs. Et pourtant, la méthode de l’intercompréhension en langues romanes n’est pas nouvelle. Qui n’a pas déjà fait le constat que l’espagnol, le portugais, l’italien, le français ou encore le roumain ont beaucoup de choses en commun?
Nicolas Bordage :
“Pour moi, le but de mon cours est le même qu'un cours pour anglophones mais mes étudiants ont cette base en espagnol que j'utilise en cours comme tremplin”, explique Nicolas Bordage, le professeur de français. Ce Franco-Argentin de 40 ans a quitté la banlieue parisienne pour Los Angeles il y a sept ans. Il y enseigne l’espagnol et le français, mais s’est rapidement rendu compte que son public n’était pas simplement anglophone.
“J’ai réalisé qu’il était plus facile pour les étudiants avec une base hispanophone de faire des parallèles avec le français. C'est plus naturel pour quelqu'un qui a des bases en espagnol de comprendre des points de grammaire ou de vocabulaire en français”, remarque-t-il.
Mais parler espagnol n’est pas le seul critère d’admission. Parler anglais est aussi un impératif. “Le but n’est pas d’apprendre le français à des gens qui parlent espagnol sinon ça serait comme enseigner un cours au Mexique ou en Espagne”, explique Nicolas Bordage, pour qui la langue anglaise est aussi un outil pour apprendre le français. “Par exemple, un point de grammaire : J'aime le chocolat, en anglais c'est I like chocolate alors qu'en espagnol on dit Me gusta el chocolate. En français et en anglais, on utilise le verbe aimer, alors qu'en espagnol c'est une structure complètement différente”.
Clorinda Donato :
Mais si certaines structures en français et en espagnol se ressemblent, comme les verbes réflexifs, ou l’emploi de l’imparfait, certains mots français et anglais sont très proches. Ainsi le mot carotte se dit carrot en anglais et zanahoria en espagnol.
Ryan Luevano :
Libellés : français pour hispanophones, french for spanish speakers, university cal state Long Beach
jeudi, février 04, 2010
SOS carnivores en détresse

Terra Economica consacre ce mois-ci son numéro à l'impact environemental de la consommation de viande. Chaque français consomme près de 90 kg de viande chaque année, multiplié par 65 millions, ça fait beaucoup de steacks.
J'ai interviewé Patty Knuston qui est coach végétalienne au Nevada. Son job : inciter les gens à passer à un régime sans viande, mais aussi sans aucun produit dérivé des animaux (lait, oeufs, fromage...).
Voir l'article sur Terra Economica.
Libellés : Terra Economica
lundi, janvier 25, 2010
Les bobo-écolos de Silverlake
Ils ont la trentaine bien tassée, sont végétariens et évitent d'aller au supermarché, "sauf pour quelques ingrédients qu'on ne peut pas produire nous mêmes". Question de goût, car tout est meilleur quand c'est fait chez soi, mais question de principe aussi. Faire pousser sa nourriture donne le sentiment de contrôler ce que l'on mange et redonne une certaine indépendance : "Si une catastrophe arrive, on aura de quoi survivre un peu plus longtemps!", explique Erik Knutzen, faisant allusion au fameux Big One, le tremblement de terre de magnitude 6 attendu à Los Angeles d'un moment à l'autre.
Voici un extrait de notre entretien :





Libellés : los angeles, potager urbain, silverlake
dimanche, janvier 17, 2010
Le fantasme de l'islamisation de l'Europe aux Etats-Unis
Dans son livre, Reflections on the Revolution in Europe, Christopher Caldwell illustre son incompréhension des problèmes, mais ce qui est inquiétant, c'est que sa vision semble dominer dans le monde anglo-saxon, comme j'ai pu le constater après les émeutes urbaines de 2005. Les questions-affirmations des Américains qui avaient vu les voitures en feu sur Fox News étaient toutes les mêmes : assiste-on à un Jihad en Europe?

L'interprétation anglo-saxone était civilisationnelle et religieuse, comme pour justifier a posteriori la guerre en Irak et en Afghanistan. L'explication est en fait tout autre : violences policières comme élement déclencheur, discriminations, démographie particulière des zones touchées (disproportion de jeunes) et chômage comme facteurs structurels... mais ça, mes interlocuteurs avaient du mal à le croire.
Je laisse parler l'ami Justin Vaïsse, qui explique le problème bien mieux que moi, par ici.
Libellés : islam, islamisation, justin vaïsse, émeutes 2005
jeudi, janvier 14, 2010
"Avatar" provoque l'ire des conservateurs américains
Et c'est ce qui en train d'arriver à Avatar. Les conservateurs pointent du doigt sa bien pensance à de nombreux égards. Pro-environnementalisme mielleux, militaires américains caricaturés en brutes épaisses, idéalisation de la population Na'vi en tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil et enfin une exaltation du panthéisme, en opposition à nos religions humaines soit disant ringardes. Le bloggueur conservateur John Nolte, qui tient le blog « Big Hollywood », estime par exemple qu'Avatar est « plein de personnage simplistes et de clichés politiquement corrects, où les gauchistes prennent leur revanche sur les méchants".
Les conservateurs médiatiques dénigrent un film qu'ils qualifient « d'anti-américain ». John Podhoretz du Weekly Standard ne dit pas autre chose : « C'est l'un des films les plus idiots que j'ai jamais vu. On entend tous ces critiques de films qui nous disent qu'Avatar est une épopée verte sur la destruction de l'environnement et une attaque en règle sur la guerre en Irak. Mais ce film n'est autre qu'un appel à la défaite des soldats américains face aux insurgés irakiens. » Une critique acerbe qui illustre bien que les conservateurs et la machine hollywoodienne ne font pas bon ménage, l'industrie du cinéma ayant toujours été soupçonnée de penchant progressiste.
Libellés : Avatar
vendredi, janvier 08, 2010
Ce qui va changer en 2010 en Californie
1. La guerre aux graisses trans : l’utilisation de graisses hydrogénées – ou acides gras trans - est interdite dans les restaurants californiens – dont les fast-food, dès 2010 et dans les produits de boulangerie, traiteur, et delicatessen en 2011. Les acides gras trans présent dans notre alimentation augmentent significativement le risque cardio-vasculaire et l’obésité. Les produits emballés, trouvés en grande surface, ne sont pas concernés par cette mesure. 2. Queue des vaches. La pratique de l’amputation de la queue des vaches, courante dans l’industrie agro-alimentaire, est désormais interdite. Cette pratique cruelle, importée de Nouvelle-Zélande au début du 20ème siècle et étendue à de nombreux pays, y compris en Europe, vise à améliorer l’hygiène de la vache laitière et surtout le confort du personnel agricole. La queue des vaches est en effet source de contamination (présence d’urine…) pour le lait et pour les hommes. L’amputation de la queue est interdite, sauf recommendée par un vétérinaire, dans l’intérêt de la vache.
3. Epoux en politique : Une nouvelle loi interdit aux hommes ou femmes politiques de rémunérer leur époux(se) ou conjoint(e) lorsqu’ils sont en campagne. Cela est considéré comme de l’enrichissement personnel.
4. Livres scolaires électroniques : Arnold Schwarzenegger en avait fait son cheval de bataille en 2009 : étendre l’usage de livres électroniques type Kindle dans les salles de classe publique, à la place des livres scolaires traditionnels considérés comme encombrants, lourds, chers et désuets. “Pensez aux six dernières années, tout ce qu’il s’est passé. Par exemple, la guerre en Irak, le premier président noir… tout cela n’apparait pas dans ces livres scolaires”, notait-il en juin dernier. L’industrie de l’édition s’est férocement battu contre ce projet, en vain. Le contenu des livres électroniques scolaires sera open-source et fera faire des économies à tout le monde : à l’écolier comme à l’Etat.
5. Jour Harvey Milk : Le 22 mai devient une journée en l’honneur d’Harvey Milk, homme politique et militant pour les droits civiques des homosexuels à San Francisco dans les années 70. Une mesure qui est la conséquence directe du succès du film Milk, doublement oscarisé, avec Sean Penn. Les écoles de l’Etat sont encouragées à commémorer son action.
6. Combats de chiens : Les spectateurs de combats de chiens voient leur amende augmenter considérablement si ils sont jugés coupables : 5000 dollars et jusqu’à un an d’emprisonnement.
7. Paparazzis à l’assaut des stars : Les stars contre-attaquent. Grâce à Jennifer Aniston qui a défendu la loi, les paparazzi seront plus lourdement pénalisés si ils sont en infraction avec la loi lorsqu’ils sont à l’affût d’une photo choc. L’héroïne de Friends, constamment traquée, a fait en sorte que les photographes qui brûlent des feux rouges et doublent lorsqu’ils n’en ont pas le droit soient plus sévèrement punis.
8. Poids lourds polluants : Les véhicules commerciaux recevaient une amende de 300 dollars si ils étaient stationnés avec leur moteur allumé pendant plus de 5 minutes (appelé idling en anglais). A partir de 2010, cette mesure s’étend aux bus scolaires.
9. Noeud pendu : Exhiber des cordes à pendre sur un lieu de travail, dans des écoles ou sur un lieu public est proscrit. Une loi qui résulte d’une série d’accidents dans des établissements scolaires. Le noeud pendu est désormais considéré comme “un symbole représentant une menace vitale.”
10. Conservation de l’eau : Des efforts sont faits pour réduire la consommation de l’eau, une denrée qui fait cruellement défaut au sud de la Californie. Un mandat fait un sorte de réduire la consommation urbaine de 10% d’ici 5 ans et de 20% en 2025. Un plus de cela, l’Etat met en place un dispositif de contrôle des réserves d’eau afin de mesurer l’évolution des réserves dans les nappes phréatiques.
Libellés : acides gras trans, californie
mardi, décembre 22, 2009
Comment faire de noël une fête écolo
Louer son sapin, pour quoi faire? Tout d'abord, l'arbre reste en pot, et peut continuer à pousser. Il est stocké dans une pépinière le reste de l'année en attendant Noël suivant. Les arbres ne font pas des milliers de kilomètres depuis le nord du pays, comme c'est le cas pour les sapins coupés. Et on garde quand même l'atmosphère de Noël avec le merveilleux parfum de l'arbre qui envahit la maison.
Un geste environemental et une autre façon de dire stop au consumérisme démesuré de Noël.
Publié sur France USA Media.
Libellés : environnement, Noël, The Living Christmas Company
mardi, décembre 15, 2009
Le Mexique, nouvel eldorado médical pour les Américains
Ville frontalière, Tijuana regorge de cabinets dentaires, pharmacies, cliniques et même hôpitaux s'adressant directement à cette clientèle nord-américaine. On estime à 20 millions le nombre d'Américains qui se rendent chaque année au Mexique, pour échapper à un système de santé considéré comme inefficient et trop onéreux. J'ai mené ma petite enquête à Tijuana.
Un sujet paru sur Le Blog de XXI.
Libellés : Mexique, réforme assurance santé, Tijuana
samedi, décembre 05, 2009
Les quartiers chauds de Los Angeles ont-ils un potentiel touristique?
A partir du mois de janvier 2010, une organisation propose aux touristes de visiter en bus les quartiers déshérités de Los Angeles. South et South Central LA sont des quartiers célèbres pour leurs gangs, où les coups de feux sont quasiment quotidien. Les communautés noires et d'origine latine cohabitent avec plus ou moins de succès, comme l'ont rappelé les violentes émeutes interraciales du début des années 90.
L'initiative touristique est controversée, mais l'organisation qui la propose n'est pas un simple tour operator aux motifs purement commerciaux. Il s'agit d'un groupe d'activistes souhaitant revitaliser l'économie de ces quartiers pauvres et stigmatisés. La ville de Los Angeles est un vaste étalement urbain fortement marqué par les clivages sociaux. L'ouest de la ville regroupe les populations plutôt aisées, tandis que les personnes issues de minorités noires et hispaniques occupent l'est et le sud de la métropole, des quartiers en difficulté rarement visités.
L.A. Gangs Tours espère inverser la tendance et montrer aux outsiders ce qu'est vraiment "South Central", au-delà de sa réputation sulfureuse. Les fondateurs de cette organisation sont d'anciens membres de gangs, comme Alfred Lomas, qui faisait partie de Florencia 13. L'idée est de d'utiliser les 65 dollars payé par chaque visiteur pour stimuler l'économie locale, par la création d'emplois ou le développement de micro-crédits pour entrepreneurs locaux.
Si l'initiative est taxée de "voyeurisme malsain" des riches dans les quartiers pauvres, Alfred Lomas, l'un des organisateurs, y voit un projet éducatif. Il souhaite expliquer aux gens l'origine de South LA et les raisons qui ont mené aux clivages sociaux et raciaux, et finalement, à l'émergence de gangs.
"C'est une bonne initiative pour sensibiliser les gens à ce qui se passe vraiment" dans ces quartiers, explique Francisco Ortega, qui travaille comme médiateur à South Los Angeles, mais le risque, souligne-t-il, "c'est que cette visite s'apparente à l'exploration d'un zoo".
Les membres du projet sont optimistes. Ils estiment que ce genre de tour pourra concurrencer les célèbres tours en bus d'Hollywood. En attendant, LA Gangs Tour fait un intense travail de sensibilisation dans ces quartiers déshérités, afin d'expliquer leur projet à la population locale. Mais Terry Jensen, un entrepreneur qui soutient le projet, reconnait que "le moindre incident ou échange de tirs pendant un tour et l'organisation perd toute crédibilité."
Libellés : LA Gangs Tours, los angeles
vendredi, novembre 27, 2009
"Quand on n'a pas d'assurance, on croise les doigts pour ne pas tomber malade"
Deux tiers de la population active est couverte par le biais de son employeur, le reste a le choix de souscrire à une assurance privée individuelle. Mais en raison des coûts exponentiels des tarifs des compagnies d’assurance, de moins en moins d’employeurs offrent une couverture maladie à leurs employés. Comme Sofiya Goldshteyn, plus de la moitié des personnes sans assurance santé aux Etats-Unis ont un travail. Pour elle, ne pas avoir de couverture maladie, c’est prendre le risque de se ruiner au moindre souci de santé. “Depuis que je n’ai plus d’assurance, j’ai changé mes habitudes de vie, j’ai plus conscience du risque, par exemple quand je conduis, je fais attention de ne pas aller trop vite et j’évite de prendre la route si il pleut. J’essaie de manger correctement pour ne rien attraper. C’est vraiment stressant de savoir qu’au moindre accident, on peut être ruiné.”
Pour payer ses frais dentaires, Sofiya Goldshteyn a du souscrire à un emprunt auprès de Care Credit. Cette société de crédit s’adresse exclusivement aux personnes sans assurance et solvables comme Sofiya qui ont besoin d’argent pour payer leurs factures médicales peu élevées. C’est avantageux, selon Sofiya, car cela lui permet de payer 50 dollars par mois sans frais, à condition qu’elle rembourse son emprunt à échéance, sinon le taux d’intérêt caracole à 20%.
Souscrire à une assurance privée? Sofiya Goldshteyn ne se pose même pas la question. Entre son loyer, ses factures mensuelles, son prêt étudiant à rembourser et ses frais médicaux, elle ne gagne pas assez pour débourser plusieurs centaines de dollars par mois pour un assurance privée. Alors en attendant, Sofiya Goldshteyn croise les doigts pour rester en bonne santé.
Libellés : assurance maladie, réforme assurance santé
lundi, novembre 09, 2009
Korea Town ou Little Bangladesh ?... pour un quartier latino !
C’est l’un de ces débat qui ne peut avoir lieu qu’à Los Angeles. Depuis les 30 dernières années, quelque 50 000 Coréens ont élu domicile dans un quartier situé à deux pas du centre ville. L’endroit était de facto devenu Korea Town, même si depuis les émeutes de 1992, beaucoup de Coréens avaient fuit le quartier car largement pris pour cible par les gangs noirs américains du sud de la ville. Depuis, les commerces restés vacants avaient été repris par des Latinos - Salvadoriens, Guatémaltèques, et bien sûr, Mexicains. Le ratio est officiellement de 30% de Coréens, 10% de Bengalis et 60% de Latinos. La surprise fut donc générale lorsque l’année dernière, un groupe de Bengalis déposa une demande officielle de nommer le quartier Little Bangladesh. On compte officiellement moins de 2000 Bengalis dans le comté de Los Angeles, mais le consul du Bangladesh estime que le chiffre réel se situe entre 10 000 et 15 000.
La guerre des dénominations est une question de fierté, reconnaissent les deux partis. Mais ce clash entre communautés ethniques est un phénomène nouveau, indique Jan Lin, professeur de sociologie qui étudie les enclaves ethniques : “historiquement, les conflits opposaient blancs contre non-blancs, lorsque des immigrants venaient s’installer et dérangeaient l’ordre établi.”
Los Angeles est considérée comme l’une des villes les plus diverses au monde, culturellement et ethniquement. Des dizaines de communautés vivent côte à côte. Et cela se reflète dans le développement urbain : Chinatown, Filipinotwon, Little Armenia, Little Ethiopia, Tehrangeles, Little Tokyo, Thai Town…
Le conflit entre Coréens et Bengalis touche à sa fin, ces derniers s’étant résignés à accepter quelques kilomètres carrés officiellement dénommés Little Bangladesh, au sein du quartier de Korea Town.
Libellés : Korea Town, los angeles









