Les grèves contre le CPE suscitent l'incompréhension aux Etats-Unis
tout un programme et je vois que le sujet a été traité en long, en large et en travers par les médias français. Vu d'ici, je dois d'abord dire que je parle de la chose quasi-quotidiennement avec des gens de l'université (prof ou étudiants) qui se demandent ce qu'il se passe -encore- en France. Ils sont assez impressionnés par la capacité française à faire la grève aussi massivement, faisant autant de bruit avec une mobilisation si impressionnante.
Sur le fond du sujet, c'est-a-dire le CPE lui-même, ils n'en disent pas grand-chose puisqu'ici c'est la "précarité de l’emploi" n’est pas une notion directement mobilisable, du moins pas dans le sens où on l’entend en France. En effet, dans un pays où la liberté de licencier est grande, le risque de perdre son emploi est potentiellement élevé pour tous et il n’y a donc pas véritablement de statut stable à l’aune duquel la précarité puisse être évaluée.
C’est en fait sur le thème plus général de la qualité de l’emploi que porte le débat. Or, ce qui définit un good job, c’est non seulement un "bon salaire" mais aussi le bénéfice de dispositifs de protection sociale, qui aux Etats-Unis sont largement attachés à l’emploi.
Quant aux medias (ambiance générale, il y a des exceptions), on trouve l'habituelle rengaine de la France feignante, toujours pleurnicharde, prompte au protectionnisme et passéiste dans un monde - et une Europe - qui ne se pose même pas ce genre de question de savoir si on doit protéger plus ou moins. L'employer doit s'adapter point .
Par ailleurs, les images de grèves montraient les casseurs plus que les manifestants eux-mêmes, occasion de souligner un argument en vogue ici que la France est infestée de méchants islamistes potentiellement terroristes...
Voilà l'ambiance outre Atlantique!








